Journées sans e-mails: un débat à ouvrir sur la sobriété numérique

Mon postulat déposé au Grand Conseil la semaine dernière et demandant quatre journées sans e-mails a ouvert un débat intéressant sur la pollution numérique et les moyens d’y remédier. C’était le but. Je ne suis évidemment pas complètement tombé sur la tête et sais que cette mesure, à portée symbolique, ne serait qu’une goutte d’eau dans l’océan…

On peut chipoter sur les chiffres, comme le fait le taquin Yvan Richardet sur son blog (avec ma réponse). Mais il est difficilement contestable que du point de vue du bilan environnemental, la face sombre de la communication numérique apparaît malheureusement de façon de plus en plus criante. Si Internet était un pays, on estime qu’il serait le troisième plus gros émetteur de gaz à effet de serre après les USA et la Chine. Pour les courriels spécifiquement, on estime aujourd’hui leur nombre quotidien à quelque 300 milliards sur la planète entière. Or, selon sa taille et ses pièces jointes, l’envoi d’un e-mail peut aisément consommer quelques grammes ou dizaines de grammes de CO2, en raison des machines nécessaires à son transport sur des milliers de kilomètres et à son stockage (data centers, routeurs, ordinateurs, serveurs, etc.).

Du point de vue de l’utilisateur, la communication électronique et l’hyperconnectivité comportent le risque de faire sauter les barrières entre vie privée et vie professionnelle, contribuant à un stress permanent et à l’avènement d’une “Rund-um-die-Uhr-Gesellschaft”. Les attentes du monde professionnel et de l’entourage sont de plus en plus orientées vers le “tout, tout de suite” et l’immédiateté, souvent au détriment de la qualité et de la réflexion. Les communications électroniques provoquent des dérangements et des difficultés de se concentrer durablement. On estime qu’un salarié passe environ un tiers de son temps à gérer sa communication électronique, soit près de 600 heures par années en moyenne…

Et il y a probablement des mesures simples à prendre: réduire le stockage de ses mails, prendre de meilleures habitudes de communication, supprimer les notifications automatiques, se désabonner des newsletters et autres spams, etc… Je suis le premier à ne pas être très bon pour tout cela.

Bref, cela vaut bien une petite trêve numérique, pour réfléchir à comment faire moins et mieux…

2 réflexions sur « Journées sans e-mails: un débat à ouvrir sur la sobriété numérique »


  1. Hello Raphaël,
    Comment vas-tu ? Ici, pareil mais différent.
    Très intéressant, merci. Et bonne initiative !
    Tu ne mentionnes pas les câbles et les machines, l’énergie grise pour les fabriquer et les maintenir ou grrr la cyberguerre. En terme de secteur et pas de pays, l’informatique est-ce le plus important (CS, personnel, autres) ou plus important que l’alimentation (ou d’autres secteurs) ? Ce serai quand moche que ce soit le premier…
    Je mets Florian (verts du Pays d’Enhaut et informaticien en CC).
    Bien à toi,
    Christophe

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