Congé paternité: l’ère des dinosaures mâles

Ce jeudi, quelques jours après une mobilisation exceptionnelle pour les droits des femmes et l’égalité des sexes, se tiendra au Conseil des Etats un vote capital sur le congé paternité. Il est question de l’initiative populaire réclamant quatre semaines de congé paternité et d’un contre-projet proposant très modestement de commencer par deux semaines. Indeed, 2019 pourrait bien être l’année du congé paternité.

Etre dans l’arène politique et parlementaire, c’est accepter au quotidien de confronter son point de vue avec celui de ses adversaires, de participer aux processus de décisions avec des personnes dont l’avis est diamétralement opposé au sien. C’est souvent frustrant ou décourageant, rageant même parfois, mais c’est au fond la marque de fabrique de notre démocratie parlementaire: on apprend à se mettre d’accord sur nos désaccords. Les Verts, nous en savons quelque chose, nous qui plaidons sans relâche, depuis 30 ans, pour une prise de conscience de l’urgence climatique…

Il est des sujets où je ne parviens pas, malgré toute la bonne volonté du monde, à comprendre le point de vue adverse. Le congé paternité est de ceux-là. Les arguments des réfractaires sont tout simplement incompréhensibles. Trop cher pour l’économie? Argument intenable, quand on connaît l’augmentation insignifiante des cotisations sociales que cela engendrerait et quand on sait qu’actuellement seules les grandes boîtes peuvent se le permettre, au détriment des PME de ce pays! Trop compliqué pour l’organisation des entreprises? Argument ridicule, dans un pays habitué à libérer les jeunes hommes chaque année pour servir sous les drapeaux! Inutile pour les mères qui ont toujours su se passer des pères? Argument insultant, quand on sait à quel point les premiers jours de vie d’un enfant constituent un chamboulement majeur dans une vie de famille.

Le Parlement est majoritairement composé d’hommes de plus de 50 ans. Ceci explique probablement cela. En bref, on dirait un groupe de dinosaures mâles qui s’apprête jeudi à décider de comment les mammifères doivent élever leurs petits. Mais il y de l’espoir à l’horizon: si l’on en croit nos livres d’histoire naturelle, l’ère des dinosaures a abruptement pris fin il y a quelque 65 millions d’années. Espérons que le vote de jeudi marquera la fin du Crétacé et le début d’une nouvelle ère…

Une réflexion sur « Congé paternité: l’ère des dinosaures mâles »

  1. Hello Raphaël !
    Superbe poétique politique.
    Max Planck aurait dit « Le progrès se fait un enterrement après l’autre » sous-entendu quand « meurent les personnes âgées qui s’accrochent à leurs idées, le monde s’en porte un peu mieux » !
    Cela amène deux questions ou sujets de réflexions :
    > Comment allez plus vite ou est-ce que la souplesse d’esprit augmente avec le progrès ?
    > Sommes-nous personnellement et directement concernés par une telle déchéance ?
    A suivre !
    Amitiés
    Christophe

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