Ecoles de musique : de la trahison à la rédemption?

Les écoles de musique du canton : c’est probablement l’un des thèmes de politique cantonale sur lequel je travaille depuis le plus longtemps. Il s’agissait de ma première intervention parlementaire en 2007, l’année de mon élection au Grand Conseil. A l’époque, il n’existait pas encore de loi sur les écoles de musique. Il s’agissait modestement d’augmenter le budget alloué aux écoles de musique vaudoises (conservatoires, fanfares, etc.), la situation étant particulièrement difficile pour nombre d’entre.

Depuis, grâce notamment à une initiative parlementaire que j’ai déposée avec d’autres collègues impliqués dans ce dossier, le canton s’est doté d’une loi sur les écoles de musique. A ma demande (amendement fait en commission), le Grand Conseil avait ajouté au projet de loi un article (art. 41) disant que le Conseil d’Etat soumettrait au Grand Conseil un rapport d’évaluation sur la mise en œuvre de la loi.

Ce rapport a été publié la semaine dernière. Il a déjà fait l’objet de plusieurs commentaires dans les médias vaudois vendredi. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a encore du travail pour que la loi atteigne réellement les objectifs qu’elle s’était fixés : accessibilité financière de la musique encore difficile, écolages souvent en augmentation, subsides communaux encore très disparates, convention collective de travail inexistante, etc. La loi a permis évidemment de poser un cadre réjouissant pour l’encouragement de la musique dans le canton, mais on ne voit pas encore le bout du tunnel.

La commission parlementaire chargée d’examiner ce rapport a siégé au début de cette année. Elle a procédé à de nombreuses auditions et examiné le rapport d’évaluation sous toutes ses coutures. Le constat est clair: il manque de l’argent pour que les besoins complets puissent être couverts. A cet égard, la trahison politique de décembre 2016 a laissé des traces. J’emploie à dessein ce terme très fort car il s’agit sans doute de la plus basse manœuvre politique jamais observée durant mes 12 années de députation. Contrairement aux promesses faites dans le cadre de l’élaboration de la loi, la montée en puissance du soutien financier aux écoles de musique avait été gelée pour de sombres motifs juridiques qui en réalité n’étaient que purement électoralistes. L’épisode est relaté en détails ici.

La commission du Grand Conseil chargée d’examiner le rapport d’évaluation ne pouvait pas décemment, à mon avis, le refuser. Car celui-ci est bien construit et identifie clairement les lacunes et les besoins de financement. Dire non à un rapport dont on partage les conclusions ne fait pas beaucoup de sens. C’est le choix du rapporteur de minorité, qui a adopté une posture de combat. Conscients toutefois que la simple approbation du rapport est insuffisante vu les défis à relever, nous avons simultanément préparé en commission une résolution destinée à faire passer un message politique fort lors des débats parlementaires à venir : les écoles de musique ont besoin de davantage de soutien financier, et vite !

Après la trahison de 2016, le Grand Conseil peut choisir la voie de la rédemption…

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