J-44 : Priorité « utopiste » no 1 : réduire le temps de travail

En mettant mon « blog-notes » de campagne en ligne, j’annonçais sur la page « mes priorités politiques » cinq priorités « utopistes » pour l’horizon 2050. Ces cinq priorités feront l’objet de petits billets distincts répartis sur les semaines de campagne restantes. Le billet du jour est consacré à la première de ces priorités : une réduction du temps de travail. D’abord, le compte-rendu de la veille et le programme de la journée :

 Le programme du jour : Ce soir, première action de campagne dans le district de Morges, à la rencontre de l’agriculture locale. Nous serons dès 18h30 au domaine du Cotrable à Villars-sous-Yens. Tout le monde est invité !

Le récit de la veille : A nouveau beaucoup de temps consacré à la rédaction de notre « réplique » dans le cadre de la procédure devant le Tribunal fédéral pour Lavaux.

  • Nombre de courriels concernant la politique : 55
  • Nombre de téléphones concernant la politique : 2
  • Nombre d’heures consacrées à la politique : 5

Réduire le temps de travail

« Travailler plus pour gagner plus ». Tel était le slogan de campagne de Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle de 2007. Il n’y a pas à mon sens de slogan politique plus déshumanisant, plus pitoyable. L’indice de bonheur d’une société se mesurerait ainsi à l’aune des richesses accumulées et des heures travaillées. Quelle misère…

Au Nord de la planète, nous vivons dans une société d’opulence. Le problème n’est pas la quantité de richesses produites, mais bien leur distribution. Le gâteau est assez gros pour que toute le monde participe au festin ; ce sont les parts qui sont inégalement réparties. Alors que certains se taillent la part du lion, d’autres n’obtiennent que les miettes. Cultiver l’illusion que le gâteau peut être agrandi à l’infini revient à nier les limites de la biosphère. C’est aussi le meilleur moyen de ne jamais remettre en question l’inégale répartition des parts de ce fameux gâteau. Le projet écologiste doit simultanément viser une diminution de la consommation de ressources naturelles et une plus équitable répartition des droits à consommer ces ressources.

Une réduction globale du temps de travail participe de ce projet écologiste. La productivité du travail n’a jamais cessé d’augmenter ces dernières décennies. Grâce à la technologie notamment, une heure de travail rapporte bien davantage en 2011 qu’en 1950. On aurait pu s’attendre à ce que ceci provoque soit une augmentation correspondante des salaires, soit une diminution équivalente du temps de travail. Il n’en a rien été. En revanche, la pression sur les ressources naturelles n’a cessé d’augmenter, et de façon plus qu’alarmante. Le stress au travail est devenu un problème majeur de santé publique. Le modèle productiviste révèle ainsi ses failles de façon éclatante. En cherchant à produire toujours davantage, on pousse l’individu dans un cercle vicieux dont il a grand peine à sortir. Et on dilapide au passage notre stock de ressources sans faire grand cas de leur capacité de renouvellement largement dépassée.

Il faut impérativement réfléchir à des moyens permettant de « travailler moins pour vivre mieux ». L’initiative demandant « six semaines de vacances pour tous » s’inscrit dans cette perspective. J’espère vivement qu’elle sera acceptée par la population. D’autres pistes sont à explorer. Pourquoi ne pas prévoir pour les salariés un droit à travailler à temps partiel après une certaine période d’engagement, selon des modalités à définir ? Pourquoi ne pas réfléchir à des moyens volontaristes d’encouragement du partage du travail (job-sharing) ? Pourquoi ne pas garantir, pour les salariés que le désirent, le droit à un congé non payé d’un mois par année ? Pourquoi de pas concevoir des modèles d’entreprises où le bénéfice est redistribué aux employés-sociétaires sous forme d’heures de congé ?

« Utopiste », me direz-vous, surtout pour un pays où l’on n’est même pas fichu d’interdire l’exportation du matériel de guerre au motif que cela menace des emplois… Oui, précisément, « utopiste » ! Nous sommes aujourd’hui en manque cruel d’utopies. Je repense à Candide de Voltaire, qui parcourt le monde à la recherche d’un avenir meilleur pour finalement trouver la quiétude en « cultivant son jardin » chez lui, simplement. Voilà peut-être l’utopie la plus réjouissante: en revenir aux plaisirs simples, retrouver le lien à la terre.

Reste pour moi le plus grand défi : commencer par appliquer ces bons préceptes à moi-même. Ce sera particulièrement difficile en période de campagne…

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3 réflexions au sujet de « J-44 : Priorité « utopiste » no 1 : réduire le temps de travail »

  1. J’aime les utopies. Et celle-ci est belle. Je pense cependant que la piste de travailler moins n’est pas la seule. Comme tu le dis, le stress est devenu un problème majeur dans notre quotidien. Plus que le temps de travail en soit, je pense qu’il faudrait repenser notre manière de travailler. Bon, j’y retourne j’ai 3 PCs à finir pour ce soir 🙂

  2. Voici une manière de « relaxer » le temps de travail ; j’avais réussi à la faire passer auprès d’un comité d’association pour son personnel, il y a une vingtaine d’années déjà !
    Je considère que la productivité d’un-e employé-e augmente au fil du temps, tout simplement parce qu’il ou elle a de plus en plus de ressources dans la tête et connaît de mieux en mieux son travail.
    Ce gain de productivité diminue pourtant au bout de 5 ou 6 ans : tout simplement parce qu’on ne peut pas progresser indéfiniment, que de nouvelles tâches exigent de nouveaux apprentissages, etc.
    J’avais alors estimé ce gain de productivité – ou de vitesse, si l’on veut – à 10% par an. Et proposé – et fait accepter – la règle suivante : Chaque année, les employé-e-s (secrétaires associatifs en l’occurrence) auront le choix entre + 10% de salaire, ou –10% de temps de travail.
    Au bout de 7 ans de travail, la personne qui aurait opté chaque année pour « moins de travail » serait à 50% de son temps initial, celle qui aurait opté chaque année pour « plus de salaire » aurait doublé celui-ci. L’évolution s’arrêtait là. Bien sûr, on pouvait opter une fois s’offrir du temps, une autre fois pour augmenter son revenu – mais seulement les 7 premières années.
    Bien sûr, ça coûte à l’entreprise. Mais d’un autre côté, il est sans doute exact que remplacer une personne qui a 7 ans d’expérience, nécessite pratiquement 2 personnes au même % de temps. Du moins dans ce genre de travail.
    Il me semble que le même système pourrait être appliqué dans de nombreux secteurs, avec des % de changement plus ou moins forts selon les secteurs et un plafonnement après un nombre variable d’années.

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